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La production d’images

Mots clés : héliographie, photographie, Niepce, Daguerre
Date de publication : Jeudi 10 septembre 2026
Appareil construit par Susse Frères en 1839 sur les instructions de Daguerre.

Pour en conserver la mémoire, la représentation du réel semble avoir été un besoin de toujours, en témoigne l’existence des grottes ornées. Il s’exprimait par le dessin, la peinture, la gravure, la narration.

Avec les innovations techniques et sociétales dues à la Révolution industrielle et à la Révolution française se posent les questions de la rapidité d’exécution, de l’exactitude de la représentation, de sa multiplication et de la rentabilité. La vogue du portrait-miniature a répondu à la question de la productivité et de l’abaissement du coût. En 1786, Gilles-Louis Chrétien (1754-1811) met au point le physionotrace qui réduit l’importance et l’imprécision de la main. En 1797, la lithographie facilite la multiplication et la diffusion. Les succès de la chimie dans le blanchiment et la teinture des tissus invitent à chercher des solutions chimiques.

En 1780, en France, le physicien Jacques Charles (1746-1823) utilise la propriété du chlorure d’argent de noircir à la lumière, connue des alchimistes, pour copier des dessins et recueillir l’image de la chambre noire remarquée par Léonard de Vinci (1452-1519). Thomas Wedgwood (1771-1805) et Humphry Davy (1778-1829,) en Angleterre, publient en 1802 un procédé pour copier les peintures sur verre et faire des silhouettes par l’action de la lumière sur le nitrate d’argent. Ce sont des savants qui ne cherchent pas à vivre de cette activité. Ils ne poursuivent pas ces recherches. 

Nicéphore Niepce (1765-1833) entreprend ses recherches en 1814 et en 1824 il fixe ses premiers « points de vue ».

Portrait de Nicéphore Niépce

Portrait de Nicéphore Niepce. Musée Nicéphore Niepce (Châlons-sur-Saône). 

Il utilise la propriété du bitume de Judée après insolation de résister à la dissolution par un mélange d’essence de lavande et d’huile de pétrole. Il expose à la lumière au foyer d’une chambre noire, une plaque de cuivre argenté enduite d’une couche de bitume de Judée, puis il la plonge dans le dissolvant qui enlève les parties non insolées, laissant un dessin dont les clairs sont constitués par le bitume subsistant et les ombres par les reflets métalliques de l’argent découvert. Le procédé exigeait une exposition de 10 à 12 heures pendant laquelle les ombres se déplaçaient et brouillaient l’image sur la plaque. Néanmoins Niepce avait résolu la question de la fixation d’une image produite dans la chambre noire par la lumière, on l’appelle héliographie.

La plus ancienne gravure héliographique connue au monde (Niépce, 1825)

La plus ancienne gravure héliographique connue au monde, obtenue par Nicéphore Niepce en 1825, suivant le procédé de l'héliographie.

En 1826 l’opticien parisien Vincent Chevalier (1770-1841) apprend la découverte à Louis Daguerre (1787-1851), un artiste-peintre de décors de théâtre, qui exposait au public un spectacle appelé Diorama de toiles peintes de grandes dimensions, animées d’effets lumineux. Niepce et Daguerre signent un contrat d’association le 14 décembre 1829. Niepce meurt en 1833. Daguerre perfectionne le procédé, il soumet pendant quelques minutes une plaque de cuivre argenté aux vapeurs d’iode, l’iodure d’argent est sensible à la lumière, la plaque est exposée 15 à 30 minutes au foyer de la chambre noire. Sous l’effet des vapeurs de mercure qui ne se condense que sur l’iodure d’argent insolé sous forme d’un verni brillant, l’image apparaît. Il dissout l’iodure d’argent résiduel par le thiosulfate de sodium (Na2S2O3). Mais l’image obtenue, plus rapidement donc plus précise, dénommée daguerréotype, reste unique.

Louis Daguerre (1844)

Daguerréotype de L. Daguerre par Jean-Baptiste Sabatier-Blot (1844)

Daguerre sollicite le physicien François Arago (1786-1853) qui, le 7 janvier 1839, fait connaître le daguérréotype à l’Académie des sciences réunie sous la présidence de Michel Eugène Chevreul (1786-1889). Plusieurs savants et producteurs vont chercher à fixer l’image sur d’autres supports comme le papier (William Talbot (1800-1877), dès 1834), dont les images s’appellent des calotypes ou le verre (Abel Niepce de Saint-Victor (1805-1870), en 1850). Les images sur papier perfectionnées par Louis Désiré Blanquart-Évrard (1802-1872), imprimeur, en 1846, sont produites en un grand nombre d’exemplaires, résolvant la question de la multiplicité. C’est la naissance de la photographie.

Appareil construit par Susse Frères en 1839 sur les instructions de Daguerre.

Appareil construit par Susse Frères en 1839 sur les instructions de Daguerre.

Dans les années 1980, un procédé électronique tout diffèrent révolutionne la production de photographies et renvoie les procédés chimiques de la photographie argentique au domaine de l’art.

 

Pour en savoir plus :

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Crédits illustrations : 

  • Portrait de Nicéphore Niépce. Musée Nicéphore Niépce (Châlons-sur-Saône). Wikimedia Commons. Domaine Public.
  • La plus ancienne gravure héliographique connue au monde, Wikimedia Commons, Bibliothèque nationale de France, domaine public.
  • Daguerréotype de L. Daguerre par Jean-Baptiste Sabatier-Blot (1844), Wikimedia Commons, George Eastman Museum, domaine public.
  • Appareil construit par Susse Frères en 1839 sur les instructions de Daguerre, Liudmila & Nelsonn, Wikimedia Commons, collection du Westlicht Photography Museum à Vienne, Autriche, domaine public

     

Auteur(s) : Josette Fournier
Niveau de lecture : pour tous
Nature de la ressource : article